Affichage des articles dont le libellé est Contemporain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Contemporain. Afficher tous les articles

mercredi 19 mars 2014

Livre numéro 100 : L'élégance du hérisson + Avis sur le film

 Auteure : Muriel Barbery
Edité chez : Gallimard
Résumé : 
 
" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois.
Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches.
Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "


Avis :


L'élégance du hérisson est un roman que l'on aime ou que l'on déteste. Pour ma part je l'ai bien aimé.

Notre avis sur ce roman se base uniquement sur la façon dont on le perçoit. Certains le trouveront génial et d'une grande sagesse tandis que d'autres n'y verront qu'un étalage de culture et de la prétention de l'auteure. Il faut s'attendre à trouver un vocabulaire soutenu et une érudition qui n'est pas du goût de tout le monde.

Les deux personnages principaux que l'on rencontre sont bien singuliers et c'est par cette singularité que toute l'atmosphère du livre va se jouer.

J'ai beaucoup aimé ces deux personnages. J'ai préféré Paloma à laquelle je m'identifiais le mieux. Chacune a une vision du monde particulière et enrichissante pour le lecteur. L'une est concierge, l'autre collégienne mais toute deux dont très intelligentes et un peu pessimiste sur la race humaine. En tant que pessimiste notoire, je ne pouvais qu'être d'accord avec leurs commentaires sur la société. 

Avec Renée et Paloma s'ajoutent deux autres merveilleux personnages : Kakuro Ozu et Manuela. Tous les deux ont un cœur énorme et relèvent Renée d'une façon si altruiste. Comparé à tous les "hypocrites" de l'immeuble comme les décrit la concierge, c'est beau de voir des personnes si dévouées et désintéressées par-dessus tout. 

Les passages où Renée narre utilisent plus de vocabulaire précis (= qui vont vous faire aller chercher la définition) que Paloma et ces emplois fréquents en ont agacé plus d'un mais ils m'ont paru utiles. Si l'auteure qui, via Renée et Paloma montre son grand savoir et enrichit nos esprit de vocabulaire, pourquoi être agacé ?  (Mais c'est vrai, caser superfétatoire ou wabi dans une conversation courante n'est pas chose aisée)

Bon, je reconnais que je suis très vite passé sur certains passages mais je suis sûr qu'en s'y attardant un peu plus, ils doivent être superbes. Je pense que si j'avais pris mon temps pour découvrir ce roman, j'en serais ressorti beaucoup plus marqué que maintenant. Mais ainsi va le monde, trop rapide pour s'attarder sur les éléments, si intéressants soient-ils vous ne trouvez pas ?

En ce qui concerne l'histoire, le statu-quo est assez long. On découvre pendant une centaine de pages Renée et Paloma vivant leur vie chacune de son côté sans s'être jamais adressé la parole. Puis, Kakuro Ozu, un Japonais (sans blague ?) arrive et cette routine va se retrouver chamboulé, surtout pour Renée.

La relation entre Renée et Kakuro était très belle. La réunion de ces deux êtres que tout oppose et qui va changer Renée à tout les points de vue vaut le détour. Par l'intermédiaire de Kakuro et Paloma, le lecteur découvre la culture japonaise comme il a eu peu l'occasion de la découvrir. On sent cette timidité et cette maîtrise de soi en Kakuro et ces valeurs ressortent lors de ses rendez-vous avez Renée. Quand on sait toutes les étapes qu'a traversé la concierge, cet homme est tout à fait ce qu'il lui fallait, ce qu'elle a mérité après tant de labeur.
Ce que j'ai apprécié dans cette relation, contrairement à d'autres romans, c'est que Renée ne change pas du tout au tout en à peine une semaine. Elle reste distante et peu sûre d'elle comme elle le fut avant et ne va pas tout changer spontanément parce qu'elle est amoureuse. 

La fin... Comment vous dire ? La fin est ignoble, horripilante. Comme dans la vraie vie, quand tu as l'impression que le pire est passé et que le meilleur reste à venir VLAN l'Univers arrive en rabat-joie et ça donne ce que ça a donné.

En résumé : L'élégance du hérisson est un roman très enrichissant et qui grâce à la plume de l'auteure, se dévore rapidement. Le tout porté par des personnages attachants. Mais comme énoncé au début de l'article, on adhère ou pas. J'espère que vous y adhérerez.

Note : 3.5/5


Ce n'est pas fini, il reste un avis sur l'adaptation...

Réalisatrice : Mona Achache

Productrice : Anne-Dominique Toussaint

Scénaristes : Mona Achache, Muriel Barbery

Acteurs principaux : Josiane Balasko, Garance Le Guillermic, Togo Igawa

Sorti en 2009









J'ai préféré le film au livre mais c'est peut-être parce que je l'ai vu avant de le lire mais d'autres choses entrent en jeu.

L'histoire et les personnages sont fidèles au roman mais il y a eu quelques changements qui pour moi, ont été du meilleur effet.

Les acteurs jouent tous très bien et mention spéciale à  la jeune Garance Le Guillermic qui s'est merveilleusement approprié le personnage de Paloma.

Le personnage de Paloma est plus développée dans le film, j'ai l'impression. Dans le livre, ses interventions se font sous forme de "pensée profonde" ou "journal du mouvement du monde" c'est-à-dire des confessions écrites tandis que dans le film, elle se promène avec une énorme caméra donnée par son père. 

Par contre, Renée est moins développée, son passé tout du moins. Elle n'avoue qu'assez tard être veuve et je me suis plus attachée à elle dans le livre mais puisqu'elle est farouche, c'est compréhensible.

Ce qui diffère du roman et que j'ai adoré, c'est la créativité de Paloma. On la voit qui fait des dessins dans sa chambre si on n'en fait nullement mention dans le roman mais c'est tellement inventif et ça donne une belle esthétique du film.

En résumé : Honnêtement, je vous recommanderais plus le film que le livre car le rendu est le même, le film est plus court et qu'il présente des choses que j'ai préféré au roman mais je ne dis pas que le livre est inutile sauf que si vous hésitez à vous lancer, je recommande le film.

Note : 4/5

mercredi 12 mars 2014

Livre numéro 94 : It's kind of a funny story. Ned Vizzini. (VO)

Auteur : Ned Vizzini
Edité chez : Disney Hyperion (VO)
Pas de traduction en français
Résumé : Comme beaucoup d'ambitieux adolescents New-Yorkais, Craig Gilner voit son entrée au Lycée Pre-Professionnel exécutif de Manhattan (Manhattan's Executive Pre-Professional High School) comme le ticket pour son futur. Déterminé à réussir sa vie, c'est-à-dire intégrer la bonne université et avoir un bon travail, Craig étudie nuit et jour pour son examen d'entrée et il réussi. C'est à ce moment que les choses commencent à dégénérer.
Dans sa nouvelle école, Craig réalise qu'il n'est pas brillant comparé aux autres élèves, il est juste dans la moyenne et peut-être même en dessous. Il voit bientôt son futur parfait partir en fumée. Le stress devient insupportable et Craig arrête de manger et de dormir jusqu'à la nuit où il est proche de se suicider.
Ces envies suicidaires vont l'emmener dans un hôpital psychiatrique où ses nouveaux camarades sont un transsexuel nymphomane, une fille qui s'est scarifiée le visage aux ciseaux et le président auto-proclamé Armelio. C'est ici, à l'écart des pressions énormes dues à l'école et ses mais qu'il est capable de se confronter aux raisons de son anxiété.

Ned Vizzini qui a lui-même été interné dans un hôpital psychiatrique nous livre ici une histoire remarquablement émouvante sur les chemins inattendus qui mènent vers le bonheur. Pour un roman sur la dépression, c'est vraiment une drôle d'histoire.
(Traduction personnelle, merci de créditer si utilisation)


Avis :



Au moment où j'écris cette chronique, j'ai terminé le livre depuis plus de dix jours (procrastination quand tu nous tiens...) et je n'ai aucune excuse donc ne tardons plus une seconde de plus.

It's Kind of a funny story (C'est comme une drôle d'histoire en VF) est un roman qui traite d'un sujet peu abordé dans le YA : la dépression. Chez les adolescents qui plus est. Quand on sait que le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents, il est étonnant qu'on n'ait pas plus abordé le thème que cela.

Cependant, écrire sur la dépression chez les adolescents est pour moi quelque chose de difficile car les raisons qui poussent un adolescent à vouloir se suicider ne sont pas les mêmes qu'un adulte et ces raisons peuvent paraître irrationnelles.


L'introduction, bien qu'ayant une bonne construction (vie antérieure-entrée dans le lycée-problèmes liés au lycée) m'a paru trop longue. Bon, je ne me souviens plus ce qui m'a dérangé mais je me souviens que l'auteur expliquait un peu trop pourquoi Craig se sentait mal.

Ce que je retiendrai le plus de cette histoire ce sont les personnages.
Craig est merveilleux, il est intelligent mais vulnérable à la fois et on voit qu'il a beaucoup de choses à donner. Il fait des erreurs et s'attache aux mauvaises personnes et je reconnais que je suis un peu comme lui donc je me suis beaucoup attaché.
Noelle est fantastique elle aussi, la relation qu'elle entretient avec Craig vaut celle de Hazel et Augustus dans Nos étoiles contraires. Leur première rencontre et leurs rendez-vous étaient de supers passages. 

Je n'aime pas vraiment les psychologues mais le Dr Minerva est quelqu'un d'attentionné, à l'écoute et très avisée. Il ne devrait y avoir que des psychologues comme elle( je ne suis pas expert en psychologues donc je ne sais pas s'ils sont tous comme elle mais ça m'étonnerait).

Je serai incapable de nommer tous les internés mais c'est là qu'on voit que l'auteur connaît bien le sujet car ces personnages sont diverses et complexes comme le seraient de vraies personnes dans la même situation. Ce ne sont pas des fous qui rentrent dans des murs à longueur de journée. 
Ils paraissent normaux à l'extérieur et n'agissent pas tout le temps comme des aliénés mais il y a juste des moments où ils pètent les plombs, peu importe le moment. 
Ned Vizzini fait bien comprendre qu'avant d'être des internés, ce sont avant tout des humains et il nous apprend la tolérance à défaut de compassion. 
Et c'est une des raisons pour lesquelles j'aime lire et regarder des films : comprendre le monde qui m'entoure et la manière dont les choses sont faites. Comprendre les personnes même si je ne les apprécie pas, comprendre ce qu'elles ressentent et comment elles fonctionnent. Bien sûr je ne regarde pas que des films ou ne lit que des livres qui m'ouvrent l'esprit mais les mets (ou du moins j'essaie) plus en avant que les autres.

Après toute une histoire aussi rude, la fin m'a paru un peu trop Happy Ending (en même temps, une fin Happy Beginning ce serait dur, mais pas irréalisable). Spoiler alert que tout le monde devine: il va mieux mais (surlignez si savoir ce qu'il se passe ne vous incommode nullement) prévoir Aaron et surtout Nia dans son futur alors qu'ils font parti de la cause de sa dépression est un peu masochiste, non ?

En résumé : It's Kind of a Funny Story est un très bon roman qui, même si en VO, est assez accessible donc n'hésitez pas. Les personnages sont attachants et le tout remonte le moral. Je vous le conseille vivement.

Note : 4/5

Avis sur le film :


L'adaptation de ce film bien que très satisfaisante, ne brille pas par sa fidélité par rapport au roman. 
Cela ne m'a pas dérangé plus que ça mais certains afficionados crieraient au scandale.

Dans le film, la place qu'occupe Zach Galifianakis dans le rôle de Bobby est beaucoup plus grande que dans le roman. J'ai trouvé que Craig était beaucoup plus seul et dans ses pensées dans le roman.

Tandis que le livre se déroule dans un ordre chronologique, le film se déroule dans la période où Craig est interné avec des flash-back et ainsi, on s'attache moins à lui, on ne comprend pas forcément tout ce qu'il a traversé.

J'avais quelques appréhensions par rapport à Keir Gilchrist qui interprète Craig mais au final, il est très bien rentré dans le rôle. Emma Roberts qui joue Noelle a été excellente et leur duo est très beau. Même si Nia et Aaron sont moins présents dans l'adaptation, je les ai préféré dans celle-ci (c'est peut-être parce qu'ils sont moins présents), en particulier Nia. 
Par contre, la petite sœur de Craig a presque disparu, l'actrice a dit deux ou trois phrases pendant tout le film alors que dans le livre, elle est adorable et plein de sagesse. C'était dommage.

Au final, quelque soient les performances des acteurs ou la fidélité au roman, le film a le même esprit que le livre et c'est le plus important, non ? 

En résumé : Une drôle d'histoire est un bon film qui fait passer un bon moment, les personnages sont assez bien repris mais certains moins attachants que dans le roman. A ce jour, c'est le seul des deux qui soit traduit en français donc, pour certains, choisir entre le livre et le film ne sera pas un choix compliqué.

Note : 3.5/5


J'ai appris en lisant la biographie de l'auteur que ce dernier s'est suicidé en décembre dernier suite à une dépression. Ce roman est justement à propos de la dépression et le fait d'aller mieux. C'est dommage qu'après plusieurs séjours en hôpital ça n'ait pas fonctionné. 

https://twitter.com/PrettySkully/status/442010795715883008/photo/1

 

jeudi 20 février 2014

Livre numéro 92 : Fangirl. Rainbow Rowell. (VO)

Auteure : Rainbow Rowell
Edité chez : Saint Martins's Griffin (Parution en France chez Milady)
Résumé : Cath est fan de Simon Snow. OK, tout le monde est fan de Simon Snow.
Mais pour Cath, être fan c'est sa vue, et elle est très douée à ça. Avec sa jumelle Wren, elles sont calés dans la saga des Simon Snow depuis toutes petites, c'est ce qui leur a permis de surmonter le départ de leur mère.
Lire. Relire. Se rendre sur des forums de Simon Snow, écrire des fanfictions, s'habiller comme les personnages à chaque (avant) première des films. La soeur de Cath a arrêté ce fanatisme mais Cath ne peut s'y résoudre. Elle n'en n'a pas envie.
Maintenant qu'elles sont à l'université, Wren a dit à Cath qu'elle ne veut pas d'elle comme colocataire. Cath est toute seule, complètement hors de sa zone de confort. Elle se retrouve avec une colocataire amère et son charmant et omniprésent petit-ami, une professeur d'écriture de fiction qui pense que les fanfictions sont la fin du monde civilisé, un beau camarade de classe qui ne parle que de littérature... Sans oublier son père, aimant et fragile qui n'a jamais vécu seul.

Avis :


Après toute la blogosphère anglophone, j'ai enfin lu Fangirl. Je viens juste de me rendre compte qu'au moment où j'écris cette chronique, nous sommes le 20/02 et que demain tout juste sort le roman en français, quelle coïncidence !  
(En gros j'allais procrastiner comme je le fais toujours mais je me suis dis que cette fois-ci je ferais mieux de me bouger) 

Tout d'abord je voudrais commencer avec ce résumé qui, au premier abord ne m'avait pas attiré. Le résumé français ne lui rend pas non plus justice à mon goût. Bon, après, comment faire un résumé qui décrit parfaitement bien le livre ? Je pense qu'il n'y en n'a pas car ce livre est unique.

Dans le Young Adult (parce que oui, c'est du Young Adult même si c'est édité chez Milady et que l'héroïne a 18 ans) entre Edward, Katniss ou Harry Potter, être un humain au 21ème siècle, c'est ennuyeux !
Fangirl est un contemporain Young Adult avec des situations non périlleuses ou rocambolesques et des personnages...

Les personnages de Fangirl représentent, selon moi, l'élément principal du roman. Ces personnages sont communs dans le sens où on peut les croiser mais ils sortent totalement des clichés qu'on a eu l'habitude de voir jusqu'à présent :

- Cath (parce qu'il faut bien commencer par elle) bien que nouvelle et paumée, n'est ni la jeune fille innocente et naïve (Sookie Stackhouse si tu m'entends) ni la fille à la langue bien pendue qui n'a peur de rien ni personne. C'est juste une étudiante de première année perdue dans ce vaste monde qu'est la fac (je n'y connais rien à ce milieu, encore moins du système scolaire Américain mais on va y faire abstraction). 
Cath est le personnage qui va nous faire éprouver, à nous lecteurs confirmés, beaucoup d'empathie, je trouve. Si je m'écoutais, je ne sortirais jamais de chez moi et je resterais pour toujours dans ma zone de confort, oubliant que lire un livre ou voir un film qui parle d'une aventure, c'est bien. Mais vivre une aventure moi-même dans le monde extérieur, c'est mieux.

OK Cath est fan de Simon Snow et un peu nerd (quoique, cette définition est à revoir) mais elle ne passe pas son temps la tête dans un bouquin et son affection pour Simon Snow est bien loin du fanatisme radical qu'a la mère de Carrie dans Stephen King pour Dieu. Cath n'est pas dans la partie "il faut aller chez le psy là parce qu'il y a un gros problème" des aficionados, elle écrit juste des fanfictions et ne respire pas chaque seconde de sa vie pour Simon Snow comme j'avais cru en lisant le résumé.
Et puis, bon sang, qu'est-ce que ça fait du bien de ne pas avoir une héroïne dont le roman favoris est Orgueil et Préjugés ou autre classique de la littérature anglo-saxone; S'il vous plaît auteurs américains, arrêtez avec ce cliché. Je sais, ça permet aux lecteurs de vos livres de se cultiver un peu mais arrêtez de faire croire au gens que la plupart des adolescentes ont Jane Austen ou les sœurs Brontë sur leurs tables de nuit.

- Levi, quant à lui, n'est ni le sportif au grand cœur ni l'artiste ténébreux et torturé, c'est juste un type sympa avec tout le monde qui croque dans la vie à pleine dents. Et c'est très commun de trouver ce genre de personnes, j'en connais d'ailleurs et je suis sûr que vous aussi.

- Wren est la fille à la recherche d'évolution qui a tendance à oublier son passé et qui n'a pas déjà ou qui ne connaît pas quelqu'un qui l'a déjà fait ? (J'essaie de déculpabiliser les gens qui sont dans cette situation donc, s'il vous plaît, pas d'indignations sur ces actions). Wren a aussi un gros défaut : l'alcool. Et ce défaut va donner lieu à des discussions qui va prendre une tournure que beaucoup de frères et sœurs (et de parents) reconnaîtrons.
J'ai trouvé étrange la telle amitié entre les deux sœurs car quand on regarde bien, c'est le jour et la nuit, et pourtant, avant la fac, elles avaient l'air d'être inséparables, voire indissociables. 

- Enfin Reagan (je vais terminer mon analyse des personnages sur elle parce que sinon je suis bien parti pour raconter tout le roman) change de ce qu'on a vu sur les colocataires jusque-là. Bon, elle reste la fille dure à cuire qui au début ne comprend pas le personnage principal mais qui va se lier d'amitié avec sauf que cette fois-ci, l'auteure l'a fait un peu ronde. Et les personnages ronds ne sont pas monnaie courante dans les romans YA américains. Malgré ses formes, Reagan attire les garçons et c'est tout à fait la réalité. J'ai tendance à croire que dans les films, les séries ou les livres la grosse est toute gentille, toute timide ou noire et que dans le meilleur des cas elle attire le gros. Mais arrêtez ! Bien sûr que dans le monde où l'on vit, les personnes qui ne font pas un 36 attirent des gens. Ce n'est pas une dictature des filles longilignes.

Et voilà, c'est une réalité flagrante que nous fait voir Rainbow Rowell, les nerds ne sont pas des consommateurs de livres et de films de science-fiction ou de fantasy à la limite de l'autisme et les filles grosses (disons-le) ont des petits-amis maigres.

Ensuite, je remercie l'auteure car elle a inséré pleins d'éléments de la culture actuelle comme Harry Potter, Taylor Swift ou le Starbucks Coffee. ET c'est ça les adolescents ! 

Bon. Pour ce qui est de l'histoire. Une fille assez renfermée sur elle-même et bien comme ça se met à découvrir de nouvelles choses et rencontrer d'autres personnes. C'est assez mignon et ça donne plein d'espoirs pour les introvertis mais ce n'est pas ce qui m'a fait le plus aimer ce livre.
Mais Fangirl ce n'est pas que ça, la famille occupe une place très importante avec Cath, Wren et leur père sont devenus très proches depuis le départ de la mère mais ça ne les empêchent pas d'avoir des disputes sur des sujets plus ou moins futiles et au final, on se rend compte que ceux qu'on aime et ce que l'on aime passe avant tout le reste.

Les passages avec des extraits des romans Simon Snow ou de la fanfiction de Cath ne m'ont pas vraiment intéressé. Cet univers semblable à celui de Harry Potter qui prouve que l'auteure a réalisé un vrai travail dans l'écriture du roman n'a malheureusement pas été à mon goût.  

Un petit whaaaaaaat ? sur un passage où un étudiant bourré est en train d'évoquer son envie que Cath et Wren (qui sont jumelles) aient des relations incestueuses ET que ces dernières ne réagissent pas. Je pense que dans cette situation, Levi a dû se sentir très seul. Bon, après, je ne doute pas que des pervers, il y en a partout et que ceci à déjà dû leur arriver mais qu'elles restent de marbre sur ces horreurs, c'est un peu surprenant vous ne trouvez pas ?

La plume de Rainbow Rowell est assez surprenante je dois dire. Le tout premier chapitre ne m'avait pas convaincu mais petit à petit, ce style d'écriture à la troisième personne qui n'hésite pas à utiliser "fuck" est devenu addictif et j'ai lu les 150 dernières pages plus vite que je ne m'y attendais. La barrière de la langue ne m'a pas trop freiné (mais je commence à avoir l'habitude)

Allez, je termine là ma chronique. Merci à vous si vous l'avez lue jusqu'au bout et voici mon En Résumé 

En résumé : Fangirl est un roman attachant qui fait passer un bon moment. Rainbow Rowell devrait donner des cours sur la façon d'écrire un contemporain Young Adult ou tout du moins, un univers et des personnages respirant le réalisme, le plausible voire le commun. Honnêtement, je n'ai pas trouvé le niveau en anglais si dur que ça donc je vous le recommande en VO, vous ferez une économie de 8 ou 9 € et ce n'est pas négligeable. En plus, c'est plein de références à la culture américaine (rien que les prénoms) et c'est peut-être mieux dans la langue originale mais voyez par vous-même.

Note : 4/5


     

dimanche 26 janvier 2014

Livre numéro 87 : Hygiène de l'assassin

Auteure : Amélie Nothomb
Edité chez : Le Livre de poche 
Résumé : Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre.
Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture.
Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d'une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.


Avis :


Si vous avez parcouru le sommaire de mes chroniques, le nom de Amélie Nothomb ne vous est pas inconnu. Hygiène de l'assassin est son premier roman et comme le résumé m'attirait, j'ai décidé de le lire.

Si je m'attendais à ça ! J'ai dévoré le roman en quelques heures à peine !

Le roman est un dialogue quasi-continu entre Tach et les journalistes. On comprend vraiment que le roman a pu être adapté en film et en pièce de théâtre car toute l'intrigue se déroule à travers les paroles. 

L'auteure apporte une vision critique (que je soupçonne vraie) du monde littéraire. D'une part les journalistes intellectuels, l'écrivain encore plus nombriliste. Les échanges entre ces deux catégories de personnes est vraiment très intéressant. 

Le personnage de Prétextat Tach (si si, ça existe) est le pire (ou meilleur) anti-héros que j'ai découvert jusque-là. Ce personnage est aussi détestable que répugnant. Tout en lui inspire la répulsion, autant son esprit que ses pensées. Cependant, ma curiosité malsaine ne m'a pas découragé à dévorer ce roman. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur Prétextat mais je ne vais pas m'attarder car je ne pourrais pas le faire sans dévoiler l'histoire. 

Comme je l'avais dit plus haut, les interviews sont très originales et si j'avais quelques appréhensions à être un journaliste littéraire, j'ai été totalement découragé. Rencontrer des auteurs aussi narcissiques, non merci. Surtout que Tach se plaît à tourner en bourrique les journalistes et certaines fois, il va très très loin.

Nina, quant à elle, est le personnage dont je m'attendais dès le début. C'était évident qu'après tous ces journalistes déstabilisés, il fallait qu'il y en ait un qui renverse la tendance. Je ne savais pas où l'auteure voulait en venir mais dès son arrivée, les éléments se mettent en place et on n'est pas au bout de nos surprises.

Dans le roman, beaucoup de sujets sont abordés, tellement qu'il est capable de passer des heures sur la vision des choses du point de vue de Tach, de Nina et des autres journalistes. C'est parfois intéressant et très souvent choquant lorsqu'il s'agit de Tach mais bon, j'avais bien compris qu'à force, Amélie Nothomb ne faisait pas dans les personnages typiques et discrets. 

La quatrième de couverture vante le travail et le talent de l'auteur et je ne peux qu'acquiescer. Réussir à écrire un roman si abouti, si ingénieux et si intéressant n'est pas à la portée du premier venu. Amélie Nothomb est une auteure et excentrique. Elle a cassé les codes du premier roman en n'hésitant pas à jouer la carte de l'odieux, du dérangeant voire du dégoûtant. Certains vont trouver ça génial comme d'autres vont détester. Tout comme le reste des ses oeuvres, on aime ou pas et c'est franchement impressionnant.

En résumé : Hygiène de l'assassin est un roman glauque au personnage principal répugnant, mais qu'est-ce que c'est bien ! Ce n'est pas le premier roman que je conseillerais pour faire découvrir l'auteure mais peu de personnes seraient capables d'écrire une histoire comme celle-ci. Ce livre change vraiment de l'ordinaire et je vous le conseille si vous aimez cette auteure ou que votre âme n'est pas sensible.


Note : 3.75/5

dimanche 17 novembre 2013

Livre numéro 72 vs Film numéro 68 : L'extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet. Reif Larsen.

Auteur : Reif Larsen
Edité chez : Le livre de Poche
Résumé : T.S. Spivet est un enfant prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, il reçoit un appel inattendu du musée Smithsonian lui annonçant qu'il a reçu le très prestigieux prix Baird et qu'il est invité à venir faire un discours. A l'insu de tous, il décide alors de traverser les États-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T.S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde... Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles.

 Avis :

 

En voyant la bande-annonce du film au cinéma. J'avais très envie de découvrir le livre. Une fois le livre acheté, je n'ai pas mis beaucoup de temps avant de me jeter dessus.

L'écriture de l'auteur m'a emballé dès les premières lignes. Il n'était raconté qu'une soirée ordinaire mais déjà, je sentais que ce roman allait beaucoup me plaire.
Par contre, le début prend pas mal de temps à commencer, le narrateur s'éloigne trop de l'histoire par moments mais c'est pour planter le décor donc, on l'excuse.

On rencontre TS et sa famille, toute aussi hétéroclite que loufoque. Que ce soit son père, cow-boy dans l'âme, sa mère, entomologiste spécialisée dans les scarabées, sa grande-sœur Gracie, fille d'une petite ville rêvant de gloire et enfin Layton, le petit frère de TS, portrait craché de son père.
La famille Spivet m'a charmé, tous autant que les autres. Je déplore juste le fait de ne pas avoir vu plus sa mère dans le récit.

Le personnage de TS est vraiment unique et attachant. Ce jeune garçon de 12 ans à peine qui se passionne pour les sciences et qui écrit et dessine tout ce qu'il voit. Ce n'est pas moi qui irait faire ça. Il est tellement mature qu'à des moments, on oublie son âge.

Tout au long du récit, on trouve dans les marges des petits textes explicatifs, des schémas ou anecdotes comme dans les dictionnaires ou les encyclopédies et c'était vraiment une super idée de la part de l'auteur. Bien sûr, il est un peu dur de prendre le rythme au début et de s'arrêter dans la lecture pour lire les marges mais certains dessins et certains textes étaient géniaux.

Ce roman est un road-movie un peu particulier puisque le seul et unique passager s'avère n'avoir que douze ans et n'avoir jamais quitté sa ville natale. Le voilà parti pour sillonner les routes des États-Unis du Montana à Washington DC. Sur sa route, il croisera des paysages et des gens de tous horizons et c'est ce que j'aime dans les roads-movies. Les découvertes.

Pendant son périple, TS tombe sur un carnet de sa mère qui contient le récit de son arrière-arrière grand-mère Emma. Ces passages m'ont beaucoup plus car on y voit une autre scientifique et qu'on donne une touche de féminisme avec la scolarisation des femmes, la place des femmes dans la science... Dans les interviews bonus de Jean Pierre Jeunet, le réalisateur, à la fin du roman, il dit que ces passages vont être en parti enlevés et c'est bien dommage.

Arrivé à Washington, tout s'enchaîne très vite et je ne m'attendais pas du tout à cette fin mais c'est dans l'esprit du roman : inattendu et super. Les interviews que TS donne m'ont laissé un peu perplexe. Je n'aurais jamais dit ce qu'il a dit mais les adultes doivent lui pardonner le panache de l'âge.

En résumé : L'extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet est un roman qu'on peut lire à 12 ans comme à 30 tant la maturité du jeune garçon est déroutante. Il y avait quelques longueurs au milieu du roman mais ça ne m'a pas empêché de beaucoup aimer ce roman. J'ai très hâte de découvrir l'adaptation qui a été faite au cinéma. 


Note : 4.25/5



Réalisé par : Jean-Pierre Jeunet
Avec : Kyle Catlett, Callum Keith Rennie, Helena Bonham Carter
Genre : Aventure

Synopsis :
T.S. Spivet, jeune garçon surdoué vivant dans le Montana, reçoit un jour un appel l’informant qu’il a gagné un prix scientifique de renommée mondiale. Il quitte sa famille pour traverser seul les Etats-Unis en direction de Washington, afin de recevoir sa récompense décernée par un jury qui ne sait pas qu’il n’a que 12 ans...




Avis :

Wouaw.

Je reconnais avoir eu quelques appréhensions sur cette adaptation. Jean Pierre Jeunet nous confiait qu'il avait changé pas mal de choses et vu que j'avais beaucoup beaucoup aimé le roman, je trouvais ça dommage.

Quel menteur ! En effet, je crois que de toutes les adaptations vues cette année, celle-ci est la plus fidèle. Tous les détails s'y retrouvent, Gracie qui égraine le maïs, la fable de Deux Nuages jusqu'au 100 m de fil téléphonique et la conversation entre le Dr Clair et Layton (ceux qui ont lu le livre me comprendront ;-) chaque chose avait sa place et toutes les longueurs que j'avais déploré dans le roman se sont envolées.

Je suis épaté par le travail de Jean Pierre Jeunet qui pour moi, a réussi le défi un peu fou de concentrer tout l'esprit du roman de Reif Larsen ( qui fait 430 pages tout de même) en un film d'à peine 1h45. Certes, le passage de la traversée a été très édulcoré mais il a eu raison de le faire. L'essentiel se trouve dans le film.

Encore une fois, le film est bien à l'image du livre : unique. Les couleurs du film étaient magnifique et changeaient des autres choses qu'on a pu voir jusque-là. Les paysages étaient également fabuleux, le ranch de la famille à la maison rouge pétard, le relief de l'Amérique, c'était quelque chose de très beau à voir. Je n'ai pas vu le fabuleux destin d'Amélie Poulaine (le film le plus célèbre de Jean Pierre Jeunet) donc je ne sais si c'est sa marque de fabrique, ma mère m'a dit que les flashes lors de la remise des prix rappelaient Amélie Poulain mais sinon je ne sais pas.

Autre point qui m'a fait adorer ce film c'est la performance des acteurs. Helena Bonham Carter sort de ses personnages effrayants chez Tim Burton pour interpréter la mère de TS, une scientifique mais avant tout une mère. Beaucoup plus "humaine" et sentimentale que dans le roman et c'était une super idée de l'avoir fait apparaître plus longtemps.
Un chapeau bas pour Kyle Catlett, l'interprète de TS qui n'a même pas 12 ans. Il s'est vraiment approprié le personnage et pourtant la tâche était rude. Je crois que les acteurs de son âge qui se livrent à une telle performance se comptent sur les doigts d'une main. Certes, il était un peu moins perdu dans ses pensées que le TS que j'avais rencontré dans le livre mais je peux vous dire que jouer TS Spivet n'est pas donné à tout le monde.
Tous les autres acteurs ont réussi à donner vie aux personnages. Le père, Layton, Gracie, la sous-secrétaire et j'en passe.

Les dix dernières minutes sont totalement inventées par le réalisateur. Il a réinventé une fin et je l'ai tout autant aimé que le reste du film. 

En résumé : Cette adaptation s'annonçait être difficile mais Jean Pierre Jeunet l'a vraiment réussie. Si je n'avais qu'une chose à dire c'est : lisez le livre, allez voir le film. Offrez l'un ou l'autre à vos proches car ces œuvres méritent qu'on s'y intéresse.


Note : 4.5/5 

vendredi 1 novembre 2013

Livre numéro 73 : Métaphysique des tubes. Livre numéro 74 : La Nostalgie heureuse. Amélie Nothomb.

Auteure : Amélie Nothomb
Edité chez : Le livre de poche

Résumé : Parce qu'elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles - déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l'ont surnommée la Plante.
L'intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c'est Dieu. Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n'est pas éternelle, même au pays du Soleil levant...


 

 

 

Avis :

 A quelques jours de la fin du mois, je n'avais lu que 5 livres donc pour continuer avec ma moyenne de 6 romans/mois j'ai décidé de lire ce court roman qui, je le savais, allait me plaire vu que l'auteure ne m'était pas inconnue (et pour cause, deux des livres lus en Octobre était des Amélie Nothomb). 

Cependant, je ne savais pas trop de quoi le roman allait traiter au vu de son résumé. Il s'avère être une autobiographie de l'auteure de la naissance à l'âge de 3 ans. Et franchement, qui, à part Amélie Nothomb, peut se vanter d'avoir vécu de telles choses ?

L'auteure a bien tenu son pari de me plaire une nouvelle fois. J'ai dévoré les 150 pages de ce roman.
 

Encore une fois, sa plume m'a transporté, avec peu de détails (et je viens de sortir d'une nouvelle de Théophile Gautier donc je peux vous dire que les détails et descriptions, je les connais !) je me suis imaginé sa maison avec le petit lac, les fleurs...

Tandis que Stupeurs et Tremblements et Ni d'Eve ni d'Adam, également des autobiographies, racontait les faits avec plus ou moins de poésie. Métaphysique des tubes nous emmène dans des pensées plus philosophique mêlant Dieu et des sujets peu facilement abordable. Mais j'avais bien compris qu'Amélie Nothomb ne faisait pas dans la facilité.

C'est un peu dur de classer ce roman en autobiographie, et pour cause ! Il est dur de croire que pendant les deux premières années de sa vie, l'auteure était un légume et qu'elle s'est soudainement réveillé. Ou encore qu'elle se souvienne de tout depuis qu'elle a deux ans. Sans oublier le fait qu'elle savait parler couramment au même âge. Mais venant de la part d'une femme qui se dit Réincarnation d'une déesse égyptienne, je n'étais pas plus étonné que ça.

Au premier abord, la lecture semble compliquée car dès les premières lignes, on la voit qui se compare à Dieu. Mais au-delà d'un narcissisme extrême, elle va avoir des raisonnements dont d'autres nombrilistes amoureux d'eux-même n'y auraient même pas songé. 
J'ai aimé ce roman car je ne l'ai pas pris au premier degré. Il faut se rappeler qu'elle a à peine 3 ans ! Je suppose (espère) qu'elle ne fait qu'écrire trente ans plus tard ses pensées de petite fille. Le panache et l'innocence de l'âge. 

Ce roman m'a bien fait rire, les pensées de la petite Amélie m'ont rappelés celles que j'avais il y a quelques années de ça à peine. Le passage où son père tombe dans les égouts a été très drôle. Pas autant que le poulpe dans Ni d'Eve ni d'Adam mais la réflexion de la petite fille était mignonne et amusante.

En résumé : Si vous aimez Amélie Nothomb et que vous avez envie de renouer avec l'époque où vous étiez tout petit, Métaphysique des Tubes est le livre qu'il vous faut. Un conseil : n'essayez pas de le prendre au sérieux sinon il vous semblera très pompeux. peut-être que c'était le but mais je l'ai pris à la légère et j'ai beaucoup apprécié. 

Note : 4/5

Auteure : Amélie Nothomb

Edité chez : Albin Michel

Résumé : 

Lorsque tout ce qu'on aime, devient une fiction.














Avis :

 

Lancé dans ma période Amélie Nothomb au Japon, puisque ma mère l'avait acheté, je me suis décidé à lire La Nostalgie Heureuse (et aussi pour dire que j'ai lu un livre de la rentrée littéraire et toc!).

Par rapport aux autres romans, la plume de celui-ci est un peu moins poétique. Mais en terminant ce roman, j'en suis venu à la conclusion que La Nostalie Heureuse est un journal intime de l'auteure pendant son voyage au Japon 16 ans après les aventures de Stupeur et Tremblements.

Tout au long du roman, Amélie Nothomb revient dans les endroits précédemment explorés dans Ni d'Eve ni d'Adam et Métaphysique des Tubes. Son parcours suit l'ordre chronologique en commençant par son quartier dans la province du Kansai qui l'hébergea jusqu'à cinq ans puis à Kyoto et Tokyo où elle vécu pendant deux ans il me semble.
Vu que j'ai enchaîné les trois précédents romans de ses aventures, le rafraîchissement de mémoire était moins flagrant avec moi que ceux qui n'ont pas ouvert Ni d'Eve ni d'Adam depuis des années.

Pendant son périple sur les traces de son passé, filmé par les équipes de France 5, on retrouve Nishio-san, sa nourrice du temps de Métaphysique des Tubes et l'irremplaçable Rinri, ancien fiancé de l'auteure dont on a pu suivre l'histoire dans Ni d'Eve ni d'Adam.
En parlant de Rinri, en le recroisant, l'auteure vient apporter des explications et des éclaircissements qu'elle n'avait pas à l'époque du roman cité plus haut. Maintenant qu'elle a plus de maturité et de recul, la sagesse a suivi et on y voit de nouveaux éléments dans leur histoire.

Tout au long de la lecture, on comprend de plus en plus le sens du titre "La Nostalgie Heureuse" tout d'abord c'est la traduction d'un concept japonais. Puis, au fil de son voyage, les sentiments de nostalgie se font très présents. Elle revoit des personnes et des paysages qu'elle n'avait pas vu depuis un long moment et forcée de constater que les années et le séisme ont fait changer ce qu'elle connaissait du Japon.

Bon. Après avoir lu les quatre romans en rapport avec le Japon, j'ai très envie d'y aller. Je le ferais un jour, c'est promis.

En résumé : La Nostalgie heureuse est un rewind (récapitulatif en beaucoup mieux) des romans Stupeurs et Tremblements, Ni d'Eve ni d'Adam et Métaphysiques des Tubes. C'est plus un journal de bord qu'un roman à vrai dire, ma mère avait déploré le manque d'histoire mais c'est juste qu'elle a couché les faits sur le papier sans y apporter de modification et j'y ai été sensible. Je vous le conseille vous voulez retrouver les paysages et personnes des précédents romans. 

Note : 3.75/5 
 

samedi 12 octobre 2013

Livre numéro 68 : Stupeur et Tremblements Livre numéro 69 : ni d'Eve ni d'Adam. Amélie Nothomb.

 Auteure : Amélie Nothomb

Edité chez : Le Livre de Poche

Résumé : Au début des années 90, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l'implacable rigueur de l'autorité d'entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie, sociale au pays du Soleil levant. D'erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu'au rang de surveillante des toilettes, celui de l'humiliation dernière.




 

Avis :


Comme Stupeur et tremblements est l'un des livres préférés de ma mère, il fallait que je le lise pour me forger ma propre opinion.

Je suis bien content de l'avoir fait car est roman est vraiment bon.

La plume d'Amélie Nothomb est un chef d'oeuvre, on voit qu'il y a un vrai travail derrière l'écriture de ses romans pour trouver de telles tournures de phrases, un tel vocabulaire et la sensation d'être avec elle au moment où elle narre.

Ce livre est une autobiographie. 

Si vous voulez connaître les codes japonais d'un point de vue occidental, vous devez ABSOLUMENT lire ce roman. Il est tellement détaillé, aussi bien des choses à faire ou ne pas faire au travail que la condition des femmes dans ce pays resté assez conservateur (l'action se passe dans les années 90 donc les us et coutumes étaient plus présents que maintenant) et les ordres hiérarchiques établis.

Dès la toute première phrase du roman, le ton est donné, j'ai été embarqué dans l'entreprise Yumimoto par cette phrase si simple par rapport au reste du livre et le reste du roman n'a fait que me convaincre encore plus que j'assistais aux évènements.

Stupeurs et Tremblements décrit une année, jour pour jour, passée au sein de la compagnie Yumimoto avec les supérieurs directs ou indirects de la narratrice, le travail qu'on lui (narratrice) demande de faire aussi absurde soit il, les règles à respecter et les sanctions mises en place lorsque ces règles sont outrepassées. 

Une grande majorité du roman se passe entre Amélie, la narratrice et Fubuki, sa supérieure. Ces deux femmes que tout oppose, la langue, la culture, les us et coutumes, le mode de pensé, les attentes des autres ainsi que la pression exercée sur les femmes japonaises qui est bien moins présente que chez les occidentales. L'une est grande, gracieuse, minutieuse et avec un perfectionnisme propre à sa culture, l'autre est de taille moyenne, surtout en Asie, un peu gauche, avec néanmoins des nerfs d'acier et un mélange de cran et de bêtise dont on la voit faire preuve.
C'était très intéressant de voir les rapports supérieur/larbin voire maître/esclave dont Amélie et Fubuki.

Enfin, le titre du roman "Stupeur et Tremblements" m'intriguait et on apprend pourquoi un tel nom dans le roman et ainsi, j'ai compris qu'aucun titre ne correspondait plus à ce livre que celui-là.

Un film a été adapté et du loin que je m'en souvienne, il est monstrueusement fidèle au roman, la voix off récite le texte à la virgule près. Si vous n'avez pas le courage de lire ce petit roman (180 pages en poche), le film dépeint bien le monde du livre.  

En résumé : Stupeur et Tremblements, j'en suis certain, ainsi que l'auteure, feront partis des classiques que les collégiens étudieront dans le futur, si ce n'est déjà fait. Ce roman décrit tellement bien les japonais et les japonaises dans leur vie professionnelle voire personnelle. On comprend la pression exercé dans ce pays qui compte un grand nombre de suicide chaque année. Si vous voulez en savoir plus sur cette culture si différente de la notre, je ne peux que vous le conseiller.  

Note : 4.25/5


Auteure : Amélie Nothomb

Edité chez : Le Livre de Poche

Résumé : Stupeur et tremblements pourrait donner l'impression qu'au Japon, à l'âge adulte, j'ai seulement été la plus désastreuse des employés.
Ni d'Eve ni d'Adam révélera qu'à la même époque et dans le même lieu, j'ai aussi été la fiancée d'un Tokyoïte très singulier.









Avis :

Ayant tout de suite après enchaîné Ni d'Eve ni d'Adam, j'ai donc décidé de faire deux chroniques en un article.

Dans Stupeur et Tremblements, la narratrice nous raconte qu'elle a vécu des choses en dehors de son travail mais qu'elle racontera dans un autre roman. 

Chose promise chose faite, nous voilà quelques mois avant qu'elle se fasse embaucher chez Yumimoto lorsqu'elle décide de donner des cours particuliers de français et qu'elle rencontre Rinri avec qui une flopée d'évènements se passeront.

Si Stupeur et Tremblements est axé sur les conventions japonaises au travail, ni d'Eve ni d'Adam s'immisce dans la vie privée des japonais avec les valeurs familiales, l'éducation et les relations. Ainsi j'ai appris que les japonais ne conversent presque jamais à table et qu'ils peuvent se passionner pour tout et n'importe quoi. Intéressant.

Rinri est l'un de ces japonais occidentalisé dans un pays encore traditionnaliste, chose courante aujourd'hui avec la nouvelle génération mais apparemment peu présente dans la fin des années 80, époque de l'histoire.

J'ai trouvé la plume d'Amélie Nothomb moins frappante que dans Stupeur et Tremblements sans pour autant être banale. J'ai cependant réussi à m'imaginer des décors dans un endroit que je n'ai jamais visité et c'est un beau travail.

Dans le roman se trouvent des passages d'Amélie à la montagne assez étrange. En effet, elle se dit "réincarnation de Zarathoustra" une déesse égyptienne qui lui fait atteindre des hautes altitudes en un temps record. Bon, de la part d'Amélie Nothomb, c'est une artiste, passe encore. Mais lorsque Rinri lui demande comment elle a réussi à monter aussi vite, que la narratrice lui donne cette réponse et qu'il acquiesce comme si c'était la chose la plus naturelle au monde, ça a du mal à passer.

Le meilleur passage de tout le roman était le voyage sur l'île de Sado qui était le plus drôle des deux romans. Tout d'abord, l'île à l'air magnifique (j'ai une image dans la tête et regarder des photos me ferait déchanter donc je ne l'ai pas encore fais) et le coup du passeur de balai avec le poulpe m'ont bien fait rire. 

En résumé : Ni d'Eve ni d'Adam est une continuité dans l'étude des japonais, si vous avez aimé Stupeur et Tremblements, ce roman ne saura que vous plaire. L'un peut se passer de l'autre pour ce qui est du sens donc ne vous obligez pas à lire Stupeur et Tremblements avant NI d'Eve ni d'Adam et inversement.


Note : 3.75/5 


dimanche 22 septembre 2013

Livre numéro 65 : La vie commence à 20h10. Thomas Raphaël.

Auteur : Thomas Raphaël

Edité chez : J'ai Lu

Résumé :
Sophie peine à terminer sa thèse à Bordeaux. Elle croise Joyce Verneuil, productrice de télévision, à qui elle fait lire son premier roman, refusé par plusieurs éditeurs. Joyce lui promet de recommander son manuscrit à un grand éditeur parisien, mais à la condition que Sophie la suive dans la capitale et travaille avec elle. Marc, son compagnon, et sa mère ne sont pas d'accord, mais sont-ils obligés de le savoir ?





 

Avis :


J'ai découvert La vie commence à 20h10 dans la librairie près de chez moi. En lisant la quatrième de couverture, je n'ai même pas pensé à Le Diable s'habille en Prada mais à Morning Glory et 30 Rock, un film et une série que j'aime beaucoup.

Les critiques de ce livre parle du Diable s'habille en Prada à la française. Je n'ai vu que le film mais j'ai retrouvé la boss, véritable main de fer dans un gant de velours, le pion de la reine et la jeune première qui débarque d'un autre univers que le leur.
Cependant, dans le diable s'habille en Prada (de mes lointains souvenirs), Andréa doit un peu faire la nounou de Miranda alors que dans La Vie commence à 20h10, Joyce, la productrice est présente mais peu approfondie.  Elle n'est pas l'élément principal de l'histoire.

 Au niveau des personnages, j'ai trouvé Sophie assez attachante (en même temps, si l'héroïne m'avait agacé tout du long, je n'aurais jamais lu les 500 pages) même si elle se fait trop marcher sur les pieds par tout le monde. J'ai adoré Julien, un passage en particulier m'a marqué tout au long du livre. Annie est vraiment adorable elle aussi. Tous les deux ont perdu leurs parents, mais ils réagissent différemment à cette perte. Ils m'ont touchés. 


Le début est très long. L'auteur a pris beaucoup de temps pour planter son décor et l'entourage de Sophie, j'ai vraiment été dépité de tous les passages du début avec sa mère qui, je l'ai compris en terminant le roman, ne servait à rien. OK c'est un peu par sa faute que Sophie part à Paris travailler chez La Vie La Vraie mais il aurait pu nous condenser un peu tout ça au lieu d'y consacrer autant de pages qui au final, n'étaient pas nécessaire selon moi.

Le milieu du roman m'a causé quelques problèmes également, les chapitres étaient assez répétitifs, en général ça ne me dérange pas mais là je reconnais avoir eu un gros problème. Ce n'est pas que le monde des séries télés ne m'intéresse pas, au contraire je voudrais être scénariste mais là c'était pénible de retrouver une demi-douzaine de fois "J'arrive aux locaux, je m'installe, je demande tout un tas de trucs à Mohammed qui me prend pour une conne, je vais voir Joyce qui me donne du travail supplémentaire, je pense à ma thèse, à Marc et Annie, le soir je vais dans le bureau de Joyce..."

La fin, par contre, m'a bien plu. En général je suis déçu des fins de romans mais là, je reconnais que ce n'était pas mal du tout. C'est tout à l'envers dans ce roman. Si je m'étais un peu plus concentré, j'aurais trouvé la fin prévisible mais au final, ce roman est comme le feuilleton dont Sophie s'occupe : ça n'a rien d'exceptionnel mais ça détend et ça fait passer un bon moment.

En résumé : La Vie à Commence à 20h10 est un roman qui fait le même effet qu'un téléfilm ou qu'un feuilleton, ça détend, ça fait passer un très bon moment. Les personnages sont attachants. Les situations sont parfois rocambolesques. Si vous chercher une lecture détente, de la chick-litt édulcorée. Comme je l'ai dis, si vous avez aimé le Diable s'habille en Prada, je vous le conseille. Une suite est parue et je me tâte pour me la procurer.



Note : 3.5/5